JIG : Les plus hauts standards de contrôle qualité pour l'aviation

JIG : derrière ces 3 lettres se cache le Joint Inspection Group. Si le carburant est transporté et stocké en toute sécurité dans les plus grands aéroports du monde, c’est grâce à lui. Cette organisation internationale définit tous les standards en la matière. Qui sont ses membres ? Quelles sont ses missions ? Plein Vol vous emmène dans les coulisses du JIG.

Tout commence dans les années 70 quand les majors pétrolières opèrent ensemble en joint ventures* sur les grands aéroports du monde entier. Chacune avait jusque-là ses propres référentiels en matière de transport, logistique, stockage, distribution et contrôle qualité des carburants. Elles décident alors de mettre en commun leurs bonnes pratiques et d’harmoniser leurs process pour travailler sur les mêmes bases. C’est ainsi que le JIG voit le jour. Membre fondateur, Total fait partie de l’aventure dès le début aux côtés de BP, Chevron, Eni, Exxon, Q8 Petroleum et Shell.

Définir les standards de sécurité pour le monde de l’aviation

Ensemble, ils donnent naissance dès 1973 à une première génération de 4 standards internationaux. Le premier, JIG 1, détaille la manière de gérer les opérations d’avitaillement, c’est-à-dire le transport du carburant depuis le stockage aéroportuaire à sa distribution à l’aile de l’avion. JIG 2, quant à lui, concerne le stockage de carburant sur un aéroport. Sont détaillés ici, par exemple, le contrôle des documents avant déchargement du produit, le design des cuves (aspiration flottante, stockage conique pour favoriser la décantation de l’eau…), les règles de filtration et de purges, etc. Il existe une déclinaison de cette norme, le JIG 4, pour les aéroports plus modestes. Enfin, le standard  EI JIG 15-30, qui a récemment remplacé le JIG 3, est co-écrit avec l’Energy Institute, autre organisme de normalisation des équipements dans l’aviation. Ce dernier standard concerne les règles à observer dans les dépôts en amont et les raffineries. Toutes ces normes sont entièrement révisées tous les 5 ans, sans compter les bulletins annuels de mises à jour sur des sujets précis. Et quel que soit le standard, le JIG a un seul objectif : préserver l’intégrité du produit (c’est-à-dire faire en sorte qu’il ne soit pas altéré, par exemple par des impuretés ou des polluants) tout au long de la chaîne logistique, ainsi que la sécurité des employés et des passagers.

Des audits de contrôle réguliers

Autre grande mission de l’organisation : vérifier la bonne application des standards. C’est le rôle des audits d’inspection. Tous les ans, les 2 000 plus gros aéroports du monde, faisant partie du périmètre du JIG, sont contrôlés par un des 50 inspecteurs certifiés par le JIG. « Chez Total, ce sont 6 collaborateurs certifiés, qui réalisent à plein temps plusieurs dizaines d’audits tous les ans sur les sites gérés en propre ou en joint-venture par Total ou sur lesquels on distribue notre carburant. Pour chaque standard, l’auditeur passe en revue une check list d’exigences. Rien n’est laissé au hasard. Et un suivi est assuré en cas de non conformité », précise Gilles Gauthier, chef du département Inspection & Contrôle Qualité à la direction Aviation de Total. Pour devenir officiellement inspecteur certifié par le JIG, il faut effectuer plusieurs inspections sous la supervision d’un inspecteur certifié et faire une formation approfondie dispensée par le JIG. 6 inspections étalées sur 2 ans sont nécessaires pour conserver ce statut. Dernière mission du JIG : la formation et le partage d’informations (retour d’expériences…) pour une qualité toujours renforcée.

Total : encore plus vigilant et exigeant

Tous ces standards constituent un socle commun pour les membres du JIG. Total y ajoute encore un niveau d’exigence : « Forts de notre expérience, nous sommes parfois plus sévères. Nous avons aussi édité un manuel d’opération et de contrôle qualité qui, au-delà des règles édictées par le JIG, donne des conseils pratiques. Un vrai plus pour les opérationnels ! », ajoute Gilles Gauthier. Quant à la valeur ajoutée de Total au sein de l’entité, elle tient à une connaissance du terrain inégalée. « La plupart des majors se sont désengagées de certaines zones géographiques, notamment en Afrique. Pas Total !  Nous y sommes parfois confrontés à des situations difficiles (accès…) qui nous amènent à déployer des solutions sur mesure. Nous partageons ces enseignements avec nos confrères ». Les décisions du JIG font avancer les pratiques dans le bon sens en matière de manipulation et stockage des carburants aviation. Des avancées qui bénéficient aussi, par ricochet, à l’aviation générale. « Nous impulsons cette dynamique de progrès sur tous les terrains où nous sommes présents dans une optique d’amélioration continue de la qualité. Le choix des matériels de nos stations d’avitaillement, notre rigueur en matière de contrôle qualité sont ainsi, par exemple, fortement influencés par les recommandations du JIG ».

Une passerelle avec IATA et A4A

Depuis une dizaine d’années, les cartes sont redistribuées et de nouveaux acteurs de la distribution ou du stockage, de taille plus modeste, ont fait leur apparition. Ces derniers n’ont évidemment pas la même expérience. C’est pourquoi le JIG accueille aujourd’hui ces nouveaux venus et compte désormais une centaine de membres. Un des grands défis de l’organisation consiste donc à accompagner cette croissance. Autre chantier phare : le rapprochement avec A4A (Airlines for America), qui édite ses propres normes pour les USA (ATA 103) et, bien sûr, IATA (International Air Transport Association), l’association internationale du transport aérien. Ces trois organisations ont exprimé leur volonté de tendre vers un seul standard commun. Fort de son historique et de sa crédibilité, le JIG se positionne en leader de ce processus et ambitionne ainsi de devenir LA référence mondiale en matière de sécurité et contrôle des carburants aviation.  Une évolution en ligne avec l’ambition de Total : l’amélioration constante des performances en matière de sécurité et l’ambition de devenir le partenaire de référence et de proximité dans la mise en œuvre de solutions de services adaptées. *Filiale commune entre deux ou plusieurs entreprises dans le cadre d'une coopération économique internationale

En chiffres

  • 100 membres
  • Plus de 2 500 aéroports concernés
  • Des sites d’approvisionnement et de distribution dans plus de 100 pays

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