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Des carburants plus verts pour l’aviation

Marché encore en construction aujourd’hui, le secteur des biocarburants pour l’aéronautique va se développer dans les années à venir, impulsé par des politiques publiques plus coercitives. A terme, d’ici 2050, leur utilisation pourrait permettre de réduire les émissions du secteur de 50 % par rapport à 2005. Total anticipe ce tournant pour l’aviation et investit pour être en mesure de répondre à la demande future, dans la lignée de son ambition Net Zero.

 

Sustainable aviation fuel : comment ça marche ?

Les carburants durables pour l’aviation, ou SAF (Sustainable Aviation Fuel), sont issus de la transformation de la biomasse. A ce jour, plusieurs technologies sont identifiées, avec des niveaux de coûts de production et des maturités technologiques différents (prix de la matière première versus investissements industriels plus lourds):

  • l’HEFA (Hydroprocessed Esters and Fatty Acids), une technologie mature la plus présente industriellement, dont le coût de production est au moins3 à 4 fois supérieur à celui d’un carburant classique, du fait notamment de la nature de la biomasse utilisée ;
  • le FT (Fisher Tropsch) et l’ATJ (Alcohol to Jet), en phase de pré-industrialisation ;
  • le PTL (Power to Liquid), ou e-fuel, encore au stade de la R&D expérimentale, dont le coût actuel est bien supérieur (au moins 5 à 6 fois celui d’un carburant thermique, 

Certaines de ces technologies font appel aux biomolécules issues de l’agriculture (colza, tournesol, huile de palme, etc.), mais qui n’est pas autorisé dans tous les pays car pouvant entrer en compétition avec le secteur alimentaire - c’est le cas en France, qui privilégie un approvisionnement issu de l’économie circulaire (traitement des déchets par exemple). 

Pour produire un biocarburant, la biomolécule obtenue est ensuite mélangée à du jet fossile, selon un pourcentage prédéfini. En fonction du procédé, de nombreuses normes existent pour homologuer le biojet obtenu et pouvoir l’utiliser dans les avions. L’avantage des SAF est qu’ils sont compatibles avec les infrastructures et les moteurs actuels, au contraire d’autres technologies de rupture comme l’hydrogène, qui supposent une modification de ces éléments, et donc des coûts très importants, ainsi qu’un travail d’ingénierie préalable. Ces technologies de rupture seront disponibles d’ici une quinzaine d’années : Total sera au rendez-vous pour accompagner ses clients.

 

L’engagement de Total pour les biocarburants aviation

Dès 2014, Total s’est lancé dans le secteur des biocarburants pour l’aviation, en développant un partenariat de R&D avec un fournisseur de biomolécule au Brésil. Plusieurs vols, de démonstration, ou même commerciaux ont été effectués en utilisant le biocarburant issu de ce partenariat. Et Total souhaite continuer à accompagner ses clients dans leurs objectifs de transition énergétique : dès 2024, le Groupe sera en mesure de fournir 170 000 tonnes de biocarburant par an (technologie HEFA), produit dans sa raffinerie de Grandpuits, en ce moment en cours de reconversion. « C’est un pas de plus vers l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris : Total fait partie des acteurs investis dans une démarche plus durable, aussi bien au niveau social et économique qu’environnemental. Nous sommes un groupe multi-énergies et nous adaptons ainsi notre stratégie », souligne Antoine Jaeglé, Directeur de la stratégie et du développement Aviation chez Total. 

 

Vers une réglementation des biocarburants pour les avions

A ce jour, les biocarburants sont plus chers que les carburants entièrement fossiles, ce qui n’est pas pour inciter les acteurs du secteur, dans un marché principalement tiré par les prix. A titre d’exemple, l’incorporation d’1 % de SAF sur un vol Paris-New York représente une augmentation du prix du billet d’environ 5 dollars pour chaque passager. De nombreux gouvernements ont pris conscience de la nécessité de réglementer l’incorporation de biomolécules dans le jet fossile, pour accompagner les acteurs du secteur aérien dans leurs objectifs de réduction de leur empreinte carbone. En Norvège par exemple, tout carburant pour l’aviation doit contenir au moins 0,5 % de biomolécule depuis janvier 2020. En Suède, c’est le seuil de 1 % qui sera applicable à partir de janvier 2021. En France, La dernière loi de finances instaure un taux de 1 %, obligatoire à partir de janvier 2022 pour tous les avitaillements faits en France. Un taux de 2 % est anticipé à horizon 2025. « Certes, ce sont des chiffres encore bas. Mais il faut d’abord créer la demande : une fois que le marché aura grandi, que les volumes s’intensifieront, le prix des biocarburants baissera, initiant alors un cercle vertueux. » Total est d’ailleurs de plus en plus sollicité pour accompagner ses clients dans la transition énergétique, les compagnies aériennes ayant elles aussi mis un pied dans l’aviation décarbonée. Un bel avenir qui se profile, et qui reste à construire...

 

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